Et si le manque d’eau était bien plus qu'une simple soif ?

Et si le manque d’eau était bien plus qu'une simple soif ?

Pourquoi boire de l’eau… vraiment ?

On s’est tous déjà fait dire de boire de l’eau par nos parents, nos grands-parents, nos ami(e)s… bref, par à peu près tout le monde.

Mais honnêtement… est-ce que quelqu’un nous a déjà vraiment expliqué pourquoi ? Pas avec des slogans santé ou des phrases toutes faites, mais comme on le ferait autour d’un café, en prenant le temps de comprendre.

C’est un peu comme ça que j’ai envie de t’en parler ici. Comme si on avait une conversation tranquille. Parce que quand on comprend ce qui se passe dans le corps, on fait souvent les choses différemment, et ce, sans se forcer.


L’eau : le milieu dans lequel tout se passe

Quand on parle d’eau, on pense surtout à la soif. Mais en réalité, l’eau fait bien plus que nous désaltérer.

Elle est le milieu dans lequel le corps fonctionne. Toutes les réactions chimiques, tous les échanges cellulaires, tous les mécanismes de régulation dépendent de sa présence.

On en retrouve partout — et quand je dis partout, c’est vraiment partout :

  • à l’intérieur des cellules

  • dans le sang et la lymphe

  • dans le liquide qui permet aux cellules d’échanger entre elles

  • autour du cerveau et de la moelle épinière

  • dans les articulations

  • dans les muqueuses et les sucs digestifs

  • et bien plus encore…

Imagine un ruisseau.
Quand l’eau coule bien, tout circule naturellement. Les poissons avancent, les petites roches se déplacent, les nutriments voyagent sans effort. Rien ne force, rien ne bloque.

Maintenant, imagine qu’il ne pleut pas pendant plusieurs jours. Le niveau d’eau baisse tranquillement. Le ruisseau s’assèche peu à peu. Les poissons ont plus de difficulté à passer, certaines choses restent coincées, la circulation devient lente.

Dans le corps, c’est sensiblement la même chose. Quand l’eau vient à manquer, tout continue de fonctionner… mais moins bien. Et plus les journées passent sans s’hydrater adéquatement, plus les systèmes se congestionnent, plus les échanges ralentissent, et plus de petits déséquilibres finissent par créer de plus gros problèmes.


Ce que la proportion d’eau nous apprend

Quand on regarde la quantité d’eau contenue dans nos organes, on comprend vite que ce n’est pas un détail. L’eau est littéralement le support de leur activité.

Le cerveau est composé d’environ 76 % d’eau. Et ça fait beaucoup de sens : il traite de l’information en continu, transmet des influx nerveux, régule nos émotions, notre mémoire et notre concentration. Tout ça se fait dans un milieu aqueux. Quand l’hydratation diminue, ces échanges deviennent moins fluides.

Les poumons contiennent environ 78 % d’eau. L’humidité y est essentielle pour permettre de bons échanges gazeux et pour protéger les tissus délicats des voies respiratoires. Un manque d’eau peut rendre les muqueuses plus sèches et plus sensibles.

Le cœur, lui, est composé d’environ 79 % d’eau. Il pompe sans arrêt, jour et nuit. Une hydratation adéquate aide le sang à rester fluide et à circuler plus facilement, ce qui allège le travail du système cardiovasculaire.

Les reins arrivent en tête avec environ 81 % d’eau. Ce n’est pas surprenant : leur rôle est de filtrer le sang, d’éliminer les déchets et de réguler l’équilibre hydrique du corps. Sans suffisamment d’eau, ils doivent travailler beaucoup plus fort pour concentrer l’urine.

Les muscles, composés à environ 75 % d’eau, dépendent de l’hydratation pour leur force, leur souplesse et leur récupération. Une hydratation insuffisante peut contribuer aux crampes, à la fatigue musculaire et à une récupération plus lente.

La peau contient environ 70 % d’eau. L’eau y joue un rôle clé dans l’élasticité, la protection et la régénération. Quand elle manque, la peau devient plus sèche, plus terne, parfois plus réactive.

Même les os, que l’on imagine solides et rigides, contiennent près de 22 % d’eau. Cette eau participe à leur structure et à leur capacité d’absorption des chocs.

En gros, en voyant tous ces pourcentages, on comprend une chose simple : plus un tissu est actif, plus il a besoin d’eau. Le cerveau, par exemple, carbure en permanence. Sans un environnement bien hydraté, il fonctionne… mais pas à son plein potentiel.


L’eau et l’âge : une donnée souvent oubliée

Il y a aussi un autre élément dont on parle très peu, mais qui change complètement la façon de voir l’hydratation : avec l’âge, on se déshydrate naturellement. Pas parce qu’on fait quelque chose de mal, simplement parce que le corps change.

Un fœtus est composé d’environ 93 % d’eau. Un nouveau-né, autour de 80 %. Un enfant, environ 75 %. À l’âge adulte, on tourne autour de 70 %. Et chez une personne âgée, on descend souvent près de 60 %.

Dit comme ça, ce sont juste des chiffres. Mais quand on prend un pas de recul, ça éclaire beaucoup de choses.

Avec le temps, les réserves d’eau du corps diminuent. Les cellules deviennent un peu moins efficaces pour retenir l’eau, les reins concentrent davantage l’urine, et le corps devient plus sensible au moindre manque. Résultat : une déshydratation légère mais constante peut s’installer sans qu’on s’en rende compte.

C’est là que certains inconforts apparaissent : la digestion ralentit, la fatigue s’installe plus vite, la constipation devient plus fréquente, la concentration demande plus d’efforts. Certaines personnes ont souvent froid, même sans raison apparente. Et bien souvent, on met tout ça sur le compte de l’âge.

Mais ce ne sont pas que des « bobos de l’âge ». Très souvent, l’hydratation joue un rôle beaucoup plus important qu’on ne le pense.


La déshydratation : deux réalités très différentes

Quand on entend le mot déshydratation, on imagine souvent quelque chose de très évident. Et c’est vrai… parfois. Ce qu’on oublie, par contre, c’est qu’il n’y a pas qu’une seule façon d’être déshydraté. Il en existe deux, la déshydratation aiguë et chronique et elles ne se vivent pas du tout de la même manière.

La déshydratation aiguë arrive sans prévenir : une gastro, une fièvre, un coup de chaleur, un entraînement trop intense sans boire assez. Dans ces moments-là, le corps ne laisse aucun doute. Le message est clair : soif intense, étourdissements, grande faiblesse. On le sent immédiatement, et en général, on agit vite. C’est inconfortable, parfois même inquiétant, mais au moins… c’est évident.

Puis il y a la chronique. Celle qui ne fait pas de bruit.

On boit, oui. Mais pas assez. Juste assez pour tenir le coup, pour fonctionner « correctement », pour passer à travers la journée sans s’effondrer… mais sans être vraiment optimal.

Et c’est souvent là que j’entends des gens me dire : « Je n’ai pas soif, donc je n’ai pas besoin de boire. » Pendant longtemps, je pensais exactement la même chose.

En réalité, c’est souvent l’inverse qui se produit. Avec les années, la sensation de soif diminue, non pas parce que le corps a moins besoin d’eau, mais parce qu’il s’adapte. Lorsqu’on ignore constamment le message de la soif, le corps finit par le rendre plus discret. Pas parce que le besoin n’est plus là, mais parce qu’il a cessé d’être entendu.

Et là, une roue s’installe. On boit un verre de moins, puis deux, puis trois… jusqu’au moment où on réalise qu’à la fin de la journée, la gourde apportée au travail est encore presque pleine. Et tranquillement, ce fonctionnement devient normal.

J’entends souvent aussi : « Je n’ai pas le temps de boire. » Je pensais exactement la même chose. Avec un horaire chargé, on a l’impression que boire régulièrement est une contrainte de plus. Pourtant, quand on commence à ressentir que nous avons plus d’énergie, plus de clarté, moins de fatigue on finit par prendre le temps. Parce qu’on sent que ça vaut la peine.

Avec le temps, ce manque d’eau crée un stress cellulaire constant. Rien de spectaculaire, rien de brutal. Juste un stress silencieux qui s’installe. Et sur le long terme, ce stress peut contribuer à divers déséquilibres et, chez certaines personnes, à l’apparition de maladies dégénératives.

Ce qui se passe concrètement quand l’eau manque

Le corps est remarquablement intelligent dans sa façon de s’adapter. Quand l’apport en eau devient insuffisant, il ne réagit pas de façon désordonnée : il priorise.

La première chose qu’il cherche à maintenir, c’est le volume sanguin. Le sang est essentiel à la survie, puisqu’il transporte l’oxygène, les nutriments, les hormones et permet l’élimination des déchets. Pour préserver ce volume, le corps va d’abord puiser dans les liquides extracellulaires, c’est‑à‑dire l’eau qui entoure les cellules.

À court terme, cette stratégie fonctionne. Mais en diminuant l’eau disponible autour des cellules, les échanges deviennent moins efficaces : les nutriments pénètrent plus difficilement, les déchets métaboliques s’éliminent plus lentement.

Si la situation se prolonge, le corps finit par aller plus loin et puise directement dans l’eau intracellulaire. Les cellules se retrouvent alors dans un environnement moins optimal pour leurs fonctions vitales. Leur métabolisme ralentit, leur capacité de réparation diminue.

Concrètement, cela se traduit par un ralentissement des réactions enzymatiques, une détoxification moins efficace et l’installation d’un stress cellulaire chronique, souvent imperceptible au début.

En parallèle, le sang, moins hydraté, devient plus concentré et plus visqueux. Sa circulation demande davantage d’efforts, ce qui augmente la charge de travail du cœur et du système cardiovasculaire.

Encore une fois, le corps s’adapte et compense. Mais lorsque cette adaptation devient permanente plutôt que ponctuelle, elle finit par fragiliser l’équilibre global de l’organisme.

Le corps en mode économie d’eau

C’est là qu’on entre dans ce que j’aime appeler le mode économie d’eau. Le corps active des stratégies un peu comme des solutions d’urgence pour se protéger.

Quand l’eau vient à manquer, il sécrète plus de vasopressine, une hormone qui aide à retenir l’eau dans les reins tout en contractant légèrement les vaisseaux sanguins. Résultat : le sang circule toujours, mais la pression artérielle peut augmenter.

Ensuite, il augmente la production de cholestérol, qui sert à renforcer les membranes des cellules et ainsi limiter les pertes d’eau, mais ça ne s'arrête pas là.

 Le corps active aussi d’autres hormones clés pour gérer le stress lié au manque d’eau. Par exemple:

-L’histamine: connue pour provoquer les allergies, elle agit ici comme un chef d’orchestre, ajustant la perméabilité des vaisseaux et la réponse immunitaire pour protéger les tissus.

-Le cortisol, l’hormone du stress, augmente pour mobiliser l’énergie rapidement et maintenir la vigilance, mais si ce stress devient chronique, il peut affaiblir le système immunitaire et favoriser la fatigue.

-La prolactine, surtout connue pour son rôle dans la lactation, peut aussi influencer l’équilibre hormonal général et contribuer à des sensations de fatigue ou de changements dans le métabolisme lorsqu’elle est trop élevée sur le long terme.

Et ça ne s'arrête pas... mais tu as compris le principe.

Tous ces mécanismes sont extrêmement utiles à court terme. Le problème, c’est lorsque ce mode “économie d’eau” s’installe dans la durée il finit par générer un stress global sur l’organisme, pouvant contribuer à des déséquilibres cardiovasculaires, hormonaux ou métaboliques.

Les répercussions possibles sur les systèmes du corps

Je t’ai dressé ici une petite liste des conséquences possibles d’une hydratation insuffisante. Évidemment, chacun de ces problèmes peut avoir de nombreuses causes : la déshydratation n’est pas la seule responsable, mais elle y contribue souvent, parfois plus qu’on ne le pense.

Si on regarde de plus près :

Système nerveux
Maux de tête, fatigue persistante, stress, baisse de concentration, parfois même une humeur changeante. L’eau est essentielle pour que les signaux nerveux circulent efficacement.

Système locomoteur
Douleurs articulaires, raideurs, maux de dos, arthrite. Les muscles et les articulations ont besoin d’eau pour rester souples et bien lubrifiés.

Système digestif
Digestion lente, brûlures d’estomac, constipation, sécheresse des muqueuses. L’eau soutient la production des sucs digestifs et facilite le transit.

Système cardiovasculaire
Variations de la pression artérielle, déséquilibres électrolytiques et augmentation du travail du cœur, puisque le sang devient plus visqueux lorsqu’il est moins hydraté.

Système urinaire
Urine concentrée, calculs urinaires, infections récurrentes. Les reins doivent filtrer davantage avec moins d’eau disponible.

Le corps en général
Eczéma, allergies, vieillissement prématuré, baisse d’énergie. La peau et les muqueuses sont moins protégées, et l’organisme peut réagir par des inflammations ou des réponses immunitaires plus marquées.

En gros, comme tu peux le constater, la déshydratation n’est pas qu’un simple manque d’eau. Elle peut perturber plusieurs systèmes en même temps et, sur le long terme, rendre le quotidien plus difficile, ralentir la récupération, diminuer le bien-être et, dans certains cas, contribuer à des maladies dégénératives. Même une légère déshydratation répétée peut avoir plus d’impact qu’on ne le croit.


Combien d’eau le corps a-t-il réellement besoin ?

Après tout ce qu’on vient de voir, parlons maintenant de la fameuse question : combien d’eau faut-il boire par jour ?

On entend souvent entre 2 et 2,5 litres par jour pour un adulte. Mais c’est important de le dire tout de suite : ce n’est qu’une moyenne. Chaque personne est différente. Ton corps, ton niveau d’activité, ton alimentation, la température extérieure, la saison… tout ça influence tes besoins en eau.

Une personne très active ou qui fait un travail physique demandant aura besoin de plus d’eau, tandis qu’une personne moins active ou qui consomme beaucoup de fruits et légumes (qui contiennent déjà de l’eau) pourra en boire un peu moins.

Beaucoup de gens se découragent en voyant ce chiffre. On se dit vite : « C’est impossible de boire autant dans une journée ! » (moi la première). Mais en réalité, ça paraît beaucoup plus difficile que ça ne l’est vraiment.

L’idée n’est pas de se forcer à boire un litre d’un coup, ni de se battre avec une bouteille toute la journée. C’est plutôt de réapprendre à écouter le message que ton corps t’envoie. Une petite gorgée aux 5 ou 10 minutes, et tu verras que ta bouteille descend beaucoup plus vite que prévu.

Au début, une alarme sur ton téléphone ou ta montre peut aider et c’est tout à fait normal. Mais très rapidement, ce rappel devient inutile : le réflexe s’installe tout seul.

Et si tu te demandes si tu bois assez, il existe un repère tout simple : la couleur de ton urine.

  • Très foncée : ton corps crie « j’ai soif », il est temps de boire.

  • Légèrement colorée : parfait, ton hydratation est adéquate.

  • Complètement transparente : tu bois peut-être un peu trop, et tes reins travaillent plus que nécessaire.

Bref, ce petit signal naturel permet de rester bien hydraté sans se compliquer la vie. Avec un peu de pratique, boire de l’eau devient presque automatique… sans même y penser.

 Un geste simple, des effets réels

Pour finir, je te propose quelque chose de très simple. Pas un défi extrême que personne n’a envie de suivre, juste une petite expérience personnelle. Ça ne te coûte rien, à part un peu d’attention et de bienveillance envers toi-même.

Pendant deux semaines, porte simplement attention à ton hydratation. Essaie de boire autour de 2 litres d’eau par jour, répartis sur la journée, et observe ce qui se passe. Tu peux même prendre quelques notes, du premier au dernier jour, pour voir l’évolution.

Et c’est là que ça devient intéressant : pas en cherchant des changements spectaculaires, mais en observant les petits signaux que ton corps envoie quand on lui donne ce dont il a besoin.

Sans rien forcer, remarque ton niveau d’énergie, ta clarté mentale, ta digestion, tes douleurs ou petits inconforts du quotidien. Parfois, ce sont de minuscules ajustements qui mènent aux plus grandes prises de conscience.

Bien sûr, boire de l’eau n’est pas une solution miracle et ne remplace jamais un suivi médical. Mais pour bien des gens, une meilleure hydratation devient une base essentielle sur laquelle le reste peut enfin s’appuyer.

Et au final, le corps ne demande souvent pas plus.
Il demande simplement qu’on commence par ce qui est fondamental. 💧

Retour au blog